Veil-Picard : un juif franc-maçon bienfaiteur des "Petites Soeur des Pauvres"
La reconstruction à l'identique (donc surmonté d'une croix) du portail de l'ancienne maison des Petites Soeurs des Pauvres, devenue bâtiment municipal, a provoqué une polémique.
Le plus curieux dans cette affaire, c'est que le coût de la construction de l'immeuble, construit pour être l'hospice ouvert en 1849, fut en partie couvert par un don fort généreux de... Veil Picard, un juif franc-maçon qui fut un bienfaiteurs de la ville dans bien des domaines (par exemple en finançant la création de la bibliothèque populaire, ancêtre de la médiathèque...).
Il ne faut pas confondre laïcité et laïcisme. Charles Beauquier, qui fut de 1880 à 1914 élu huit fois de suite, dont six fois au premier tour, député de Besançon (la ville formait alors une seule circonscription) était formel : "les écoles vraiment laïques sont des sanatoria où l'on se guérira de cette maladie mentale qu'est la religiosité".
C'était l'époque où, dans les morceaux choisis de littérature, La Fontaine était revu et corrigé. "Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie" devenait "Petit poisson deviendra grand pourvu que l'on lui prête vie". La violence des polémiques étaient liées aux menées des intégristes qui avaient tenté de profiter de l'affaire Dreyfus pour renverser la République.
A la veille de la guerre de 1914, le climat changera, le père de Jean Minjoz, Louis Minjoz, libre-penseur convaincu mais refusant un nouveau dogmatisme, dénonça un "volontarisme désuet, périmé". Beauquier le traita de "clérical édulcoré"...
La controverse récente nous montre que décidément, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.