Besançon le 11 ventôse 208

(1 mars 2000)

Christian Guilleminot,

10 rue des Frères Mercier

25000 Besançon

À

Monsieur le maire de Besançon,

J'ai constaté que vous aviez fait pourvoir un édifice municipal d'un ornements de type religieux. Il s'agit, vous l'avez compris, du porche qui vient d'être reconstruit au 6 de la rue Mégevand et sur lequel la mairie a fait poser une croix toute neuve avec les inscriptions JMJ (Jésus, Marie, Joseph) et Petites soeurs des pauvres.

Cette décoration n'a aucune raison d'être et si une croix existait effectivement au-dessus du porche d'émoli, les travaux entrepris étaient loccasion de réparer la coupable négligeance qui l'avait fait rester en place après que la municipalité ait pris possession de ces lieux. (loi de séparation des églises et l'État de 1905)

Outre le fait de blesser une partie non négligeable de la population dans laquelle je me reconnais et de donner une piètre idée de l'usage qui est fait des impôts locaux, ce nouvel acte vient, entre autre, après la construction d'un vrai-faux clocher sur le palais Granvelle et me fait penser à une volonté délibérée d'en finir avec la laïcité et les lois relatives à celle-ci dans la République.

C'est fort de cette désagréable impression que je vous demande donc avec toute la fermeté et l'insistance dont doit faire preuve le citoyen d'une république laïque que je suis, de bien vouloir faire enlever cette croix et ainsi de restaurer le caractère laïque qui doit être celui de tous les lieux destinés à l'usage des citoyens.

 

Christian Guilleminot