Pour passer saintement chaque Mois, il serait à propos de faire un jour de Retraite pour se préparer à la mort ; de tâcher de se renouveler dans la vertu dès le commencement du Mois, de prendre un vice à combattre et à vaincre, ou une vertu à pratiquer, ou bien une action à faire avec le plus de perfection ; de choisir un Saint du Mois ; de communiquer avec son Directeur de l’état de sa conscience, et s’approcher dignement du Sacrement de la Pénitence et de celui de l’Eucharistie, si le Directeur le juge à propos, à moins qu’on ait coutume de s’en approcher plus souvent,. C’est ce qu’on va expliquer dans les articles suivants.
Pour le jour de la Retraite de chaque mois
Choisissez, si vous le pouvez, le premier jour du mois, pour vous préparer à mourir saintement. Rien de plus important que de bien mourir. D’une bonne ou mauvaise mort dépend notre éternité bienheureuse ou malheureuse. Si nous mourons chrétiennement, nous voilà heureux pour jamais, si nous mourons mal, nous voilà perdu sans ressource ; la faute est irréparable, toutes nos espérances sont perdues. Morto impio, dit le Sage, non erit ultra spes. Quand une fois on est mort, il n’y a plus de retour à la vie. Quand une personne a été assez malheureuse que de faire de mauvaises Confessions, elle peut encore remédier à un si grand mal, en faisant une bonne Confession générale, accompagnée de toute les conditions requises ; mais une personne qui a été assez malheureuse pour faire une mauvaise mort, n’est pas en état de réparer sa faute ; elle sera éternellement dans l’état ou la mort l’aura surprise : (non erit ultra spes.) Or, pour bien mourir, rien de si nécessaire que s’y bien préparer ; et un des meilleurs moyens pour s’y préparer, c’est de prendre un jour par mois pour cet effet. Afin de bien faire ce jour de retraite, pour vous préparer à la mort, tâchez de faire ce qui suit :
1 Dès la veille du jour que vous aurez pris pour cet effet, lisez la Méditation sur la mort, qui est ci-après ; occupez-vous-en jusqu’à ce que vous vous endormiez.
2 Le lendemain, à cinq heures ou environ, vous lèverez en vous occupant de la pensée de la mort.
3 Après vous êtes habillé, vous ferez votre prière du matin, comme si c’était la dernière fois.
4 Vous ferez ensuite votre Oraison sur le même sujet sur lequel vous aurez fait votre lecture le soir précédent. A la fin de votre Oraison, représentez-vous que vous êtes au lit de la mort, abandonné des Médecins, réduit à l’agonie ; voyez ce que vous voudriez avoir fait dans ces derniers moments,, si vous voudriez mourir dans l’état ou vous êtes, ce qui vous causerait le plus de peine, etc. si vous n’avez rien sur la conscience qui vous inquiète, ; si vous avez bien confessé tous vos péchés, ; s’il n’y en a un point quelqu’un que vous doutez n’avoir pas bien expliqué ; si vous avez eu une véritable contrition ; si vous vous en êtes corrigé ; si vous n’avez point quelques restrictions à faire, quelques dettes à payer, quelques cas de conscience à consulter, si votre testament est bien fait, etc.
Si vous trouvez que votre conscience n'est pas en bon état, mettez-y ordre sans aucun retardement ; si vous avez besoin de faire une confession générale ou extraordinaire, commencez à vous y préparer dès aujourd'hui, etc. Après avoir mis ordre à votre conscience, réglez toutes vos affaires temporelles, si vous ne l'avez pas déjà fait. Faites au plutôt votre testament ; mais faites-le dans un esprit de justice et de charité, comme si vous alliez paraître devant Dieu. Faites en sorte que votre testament ne soit point une source de divisiion, ou de procès, etc.
5) Après votre Oraison, vous choisirez un vice particulier à combattre pendant le mois, ou une vertu particulière à pratiquer, ou une action à faire avec plus de perfection ; vous choisirez aussi votre saint du mois, et vous lirez avec grande attention ce qui est marqué ci-après à tels sujets.
6) A ... heures, vous irez à la Messe. Une vos intention sera de demander à Dieu la grace de mourir de la mort des justes.
7) Si vous pouvez et voulez vous confesser, vous le ferez comme si c'était la dernère fois. S'il y avait quelque faute de votre vie passée qui vous troublât, mettez votre conscience au repos, etc.
8) Si vous ne vous confessez pas ce jour-là, vous ferez bien de rendre au moins compte à votre Directeur de l'état de votre conscience, et lui demander son avis pour le mois que vous commencez. Vous trouverez ci-après la manière de rendre compte à son Directeur.
9) Si vous approchez de la sainte Communion, vous le ferez avec les mêmes dispositions que vous voudriez avoir en recevant le Saint Viatique ; et quand vous aurez Notre-Seigneur Jesus-Christ dans votre poitrine, après avoir fait les actes ordinaires, vous lui demanderez spécialement la grace de faire une bonne et sainte mort.
10) Un peu avant de dîner, vous ferez votre examen particulier sur la vertu que vous aurez entrepris de pratiquer, ou bien sur le vice que, ou sur l'action que, etc.
1 A une heure après-midi, vous direz votre Chapelet en l'honneur de la Sainte Vierge, pour la prier de vous obtenir la grace de bien vivre et bien mourir ; ensuite vous direz les Vêpres des Morts.
2 Vous pourrez ensuite lire et faire ce qui est dans la Conduite pour chaque Semaine, pour le jour ou finira votre jour de Retraite ; si c'est un Lundi, vous ferez ce qui est marqué pour les âmes du Purgatoire; si c'est un Mardi, vous ferez ce qui est marqué pour l'Ange Gardien, etc.
3 A trois heures, vous irez visiter, si vous le pouvez, le très-Saint-Sacrement de l'Autel, et vous y ferez ce qui est marqué dans l'article ci-après, touchant la renonciation intérieure, au commencement de chaque mois.
4 Vous pourriez ensuite parler à votre Directeur, si n'aviez pas pu le faire le matin.
5 Etant de retour de l'Eglise, vous vous retirerez dans votre chambre, où vous étant mis à genoux, vous ferez les actes suivants.
Acte d'adoration. Mon Dieu, je vous adore comme mon premier principe et ma dernière fin. Je vous reconnais pour mon souverain Seigneur, de qui tout mon être dépend. C'est vous qui m'avez donné la vie et qui me l'ôterez quand il vous plaira ; elle est entre vos mains, vous êtes le maître.
Acte de Foi. Mon Dieu, je crois fermement tout ce que vous avez révélé à votre Eglise, hors laquelle il n'y a point de salut ; et en particulier, je crois qu'après cette vie, il y a une éternité bienheureuse pour ceux qui meurent en état de grace, et une éternité malheureuse pour ceux qui meurent en état de péché mortel.
Acte d'Espérance. O mon Dieu ! vous êtes mon espérance ; j'ai espéré en vous, je ne serai point confondu. J'espère que par les mérites de N.S.J.C., et par votre bonté et miséricorde infinie, vous me pardonnerez tous mes péchés, et me donnerez les graces nécessaires pour persévérer dans votre amour, et arriver au bonheur de Bienheureux dans le Ciel.
Actes de Charité. Mon Dieu, qui êtes souverainement bon et souverainement aimable, je vous aime par dessus toutes choses, pour l'amour de vous-même, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous.
Acte d'acceptation de la mort. Mon Dieu j'accepte avec joie l'arrêt de la mort que vous avez porté contre tous les hommes, et je m'y soumet de tout mon coeur. J'adore, ô mon Dieu, votre Etre éternel ; je remeys entre vos mains celui que vous m'avez donné, pour être détruit quand il vous plaira par la mort, que j'accepte avec soumission, en union avec celle de J.C. en esprit de pénitence, et dans cette vue je m'en réjouis, et j'espère que l'acceptation que j'en fais, attirera sur moi votre miséricorde pour me faire faire heureusement ce redoutable passage. Je désire ô mon Dieu ! par la mort, vous faire un sacrifice de moi-même, pour rendre hommage à la grandeur de votre Etre par l'anéantissement du mien.
Je désire que ma mort soit un sacrifice d'expiation, qui vous agréé, ô mon Dieu ! pour satisfaire à votre justice pour tant d'offence que j'ai commise ; et dans cette vue, j'accepte tout ce que la mort a de plus affreux au sens et à la nature.
Page 193 merde c'est chiant !!!!!!!!!!!!!!!!!!!