Le musée de la torture de Carcassone

dans la citée médiévale,

tél : 04 68 71 44 03

Le musée présente l'Inquisition, son histoire et les instruments de torture utilisés jusqu'à la Révolution française. Il met ces instruments en situation réaliste avec des mannequins, et propose un parcours émouvant au visiteur. Dans le cadre du Parti de la torture, CROA ne pouvait manquer de vous donner un aperçu de ce musée que vous devez absolument visiter si vous avez l'occasion de passer dans cette région.

 

Les textes ci-dessous sont extraits de L'Inquisition de A.H. Verrill, éd. la «Bibliothèque Hisorique », 1932 et ed. Payot, 1980

 

 

 

 
Le procs en inquisition La puissance inexorable, terrible et solennelle de l'inquisiteur et de ses assistants, frappait les spectateurs tandis que chaque accusé, tremblant et pâle de terreur, était amené devant ses juges pour subir le châtiment qu'il avait juré de supporter sans protester. 

Chacun se voyait en pensées sur la plateforme, chacun tressaillait et s'éloignait de son voisin avec méfiance, craignant d'être trahi ou accusé faussement, et personne, homme ou femme, n'osait élever la voix, ou montrer quelque pitié ou sympathie, même quand il assistait au châtiment d'un être aimé, parent, enfant, mari ou femme. 

Parfois quand il y avait de nombreux cas, la cérémonie durait près d'une semaine, comme pendant de grand autodafé de Toulouse présidé par Bernard Gui, en avril 1310, quand la dernière des victimes ne subit son châtiment que quatre jours après avoir été condamnée. 

Pendant ces quatre terribles journées, le public se pressait sur la place du Marché, osant à peine respirer, et regardant en silence amis et parents subir les tourments qu'on leur avait imposé pour infraction aux lois de l'Église. 

Vingt pénitent furent condamné à porter des croix et à accomplir de terribles pèlerinages ; soixante furent emprisonnés à vie, trois d'entre eux avec des chaînes, et dix-huit furent condamné à mort et brûlés sur un bûcher devant leurs concitoyens. 

[...] Tout le monde était convoqué sous peine de châtiment à venir assister à l'exécution chaque fois qu'on devait brûler un hérétique. 

 


 
 
 
 
 
Le travail de l'Inquisition consistait en grande partie à juger les cas de défunts pour la plupart morts et enterrés depuis des années et qui depuis avaient été accusés ou dénoncés comme ayant été hérétiques durant leur vie. [...] 

En 1237, l'inquisiteur de Toulouse, ordonna l'exhumation des corps de plusieurs nobles et autres, après avoir déclaré qu'ils étaient morts en état d'hérésie. Un témoin de cette scène, Guillaume Pelisson, décrit comment « les os et les corps puants » furent traînés sur la place publique, précédés d'un Héraut qui sonnait de la trompette et proclamait « Qui aytal fara aytal perira ». Les dépouilles furent brûlées sur la place du Marché.
 

 

Le pilori
Le pilori permettait d'exposer les prisonniers sur la place publique.

 
Il suffit de venir resserrer de temps en temps...

... il suffit de venir resserrer la presse de temps en temps.

Les peines imposées par l'Inquisition n'étaient pas très nombreuses, mais toutes, sauf la mort, pouvaient être adaptées à tous les cas, du plus grave au plus bénin, suivant la sévérité avec laquelle elles étaient appliquées.

 La flagellation publique, les simples pénitences (comme porter une croix, faire des pèlerinages, la confiscation des biens, la destruction des maisons), l'emprisonnement et la mort, tels étaient les châtiments les plus ordinaires qui pouvaient être imposés séparément ou par deux et même plus. 

La seule sanction qu'on ne pouvait modifier selon les différents cas était la mort qui consistait toujours à livrer la victime aux flammes. Pourtant en quelques cas particuliers, on adoucissait cette peine en pendant ou en étranglant la victime avant de la brûler. 
 


 

[...] dans les registres d'Arnaud Assalit, nous trouvons le compte suivant pour l'exécution de quatre hérétiques le 24 avril 1323 à Carcassonne :
 
 Pour le gros bois    55 sols 6 deniers

 Pour du sarment   21 sols 3 deniers

 Pour de la paille    2 sols 6 deniers

 Pour quatre pieux    10 sols 9 deniers

 Pour de la corde pour attacher les condamnés      4 sols 4 deniers

 Pour le bourreau,    4x20 = 80 sols

 Total    8 livres 14 sols 7 deniers


 Parfois les condamnés à mort étaient lentement rôtis dans un énorme four de métal ayant la forme d'un boeuf. Dans d'autres cas ils étaient attachés à des broches de métal et grillés au-dessus des brasiers et on arrosait leurs corps avec la graisse qui coulait de leur chair.
 
 
 
 

Un lit avec une presse pour écraser progressivement la cheville du condamné

 

Les sièges à clous

[En fait] les inquisiteurs ne pouvaient infliger aucun châtiment pour l'hérésie. [...] 

Quand il devait être brûlé, le pauvre hérétique n'était pas condamné à mort, mais simplement on lui retirait "la protection de l'église".
 
 
 


 

La flagellation était un des châtiments les plus répandus et était inclu dans la majorité des autres pénitences. 

Au temps de l'Inquisition ce n'était pas considéré comme une chose pénible et humiliante et on l'imposait parfois à des convertis volontaires comme preuve de leur sincérité. 

Dénudé autant que la température et la modestie du temps le permettait, le pénitent, portant une corde, se présentait chaque dimanche à l'église entre l'épitre et l'évangile. 

Le prêtre officiant le fouettait alors devant toute la congrégation. Le premier dimanche de chaque mois, il visitait toutes les maisons ou il avait rencontré ou vu des hérétiques et là était de  nouveau flagellé. 

Chaque fois qu'il y avait une procession religieuse, il devait suivre et être fouetté à chaque station du chemin de croix. 

Cela continuait jusqu'à la mort du pénitent, à moins qu'il ne plût à l'Inquisiteur de l'en dispenser.  


 
Cage de fer destinée à exposer le condamné aux regard des badauds.

Selon l'Inquisition cependant, l'emprisonnement n'était pas un châtiment, mais moyen par lequel le pénitent sincère pouvait, à l'aide du pain, de l'eau et de la solitude, obtenir de Dieu le pardon de ses péchés.

En outre, le pénitent ainsi enfermé était à abri de toute tentation, étant séparé d'autrui, et pouvait en même temps être plus facilement surveillé et guidé le long de l'étroit sentier du salut.
 
 
 


 

[...] Parfois aussi, les autorités elles-mêmes avaient pitié des misérables ainsi emprisonnés. En 1337, par exemple, le sénéchal de Toulouse autorisa la dépense de vingt sols pour donner de la paille aux prisonniers de l'Inquisition.


Une echelle peut servir a suspendre une ou un supplicie.

 
Instrument pour empaler les femmes pécheresse et les homosexuels
 

La femme ou l'homosexuel est empalé par là où il a "péché". La victime était maintenue par de lourdes charges suspendues à ses bras et à ses jambes. 


 

L'inquisiteur et l'évêque devaient tous deux être présents. On devait montrer au prisonnier les instruments de torture et l'engager à avouer. S'il refusait, il devait être dévêtu, attaché au chevalet et de nouveau invité à confesser son hérésie sous promesse de miséricorde s'il avouait.

Les registres prouvent que la plupart des confessions étaient obtenues à ce moment, car il fallait un hérétique bien convaincu et intrépide pour résister alors que nu et attaché au chevalet devant ses juges implacables il voyait chauffer les fers, essayer les cordes du chevalet, graisser les supports de la roue, et préparer tous les instruments dont on allait se servir pour lui briser les os et martyriser son corps.
 
 
 
 
 


 
Le plus étrange, c'est qu'il y avait un grand nombre d'hommes et de femmes capables d'assister à tous ces préparatifs sans broncher et qui supportaient n'importe quelle torture plutôt que de confesser leur hérésie [...] 

Il est vrai que la plupart du temps la confession ne mettait pas fin aux souffrances, car tous ceux qui étaient jugés étaient condamnés ensuite à l'emprisonnement perpétuel et aux chaînes. 

Cage de fer destinée à exposer le condamné aux regard des badauds.

Cage de fer destinée à exposer le condamné aux regard des badauds.


Le gibet avec mannequin se préparant au supplice.
La pendaison apparaît presque une douceur après les supplices précédent.
C'était d'ailleurs une faveur accordée à certains avant d'être brûlés.